Stefan Edberg, une question de style

Il est toujours compliqué d’aborder par le biais de l’écriture, une vedette du sport professionnel que l’on a aimé. À titre personnel, c’est le cas avec Stefan Edberg. Il demeure, à ce jour, le joueur de tennis que j’ai le mieux apprécié en fonction de son jeu et de sa conduite sur un court de tennis. 

Élégant au point de rendre la marque Adidas comestible, mesuré, la classe, fairplay, Edberg a bien souvent nourri des complexes chez ses adversaires.

Bien que suédois, élevé sur terre battue, Edberg qui évolue aussi sur des courts en dur durant sa jeunesse, est porté vers l’attaque. Au pays qui a vu naitre bon nombre de batailleurs de fond de court dont le plus célèbre de tous, Björn Borg, Edberg fait un peu désordre.

Cependant, arrivé à l’âge adulte, Edberg se lance sur le circuit professionnel. Durant une décennie, il émerveille les foules avec son style si particulier, car si par la devanture qu’il affiche, Edberg est un joueur qui fait référence à l’école australienne, il n’en demeure pas moins éloigné.

Edberg, c’est un service “kické”. Un lancer de balle haut et un mouvement global du corps qui se contorsionne au moment de frapper à la retombée de la balle. Son grand coup droit légèrement lifté ou frappé à plat pour préparer sa montée au filet était un modèle du genre. Une expression que l’on ne trouve chez aucun autre joueur. Son revers joué à une main slicée ou liftée était à nulle autre pareille, lui aussi. Des spécialistes parleront d’un geste a projeté dans toutes les écoles de tennis. Or, la manière dont jouait Edberg reste inimitable, elle ne s’enseigne pas.

Ses attaques en revers avec un maximum de flexibilité sur ses jambes étaient d’une précision chirurgicale. Enfin, sa volée de revers appartient au patrimoine du tennis mondial.

Stefan Edberg, c’est une quarantaine de titres ATP et six grands chelems et la place de numéro un mondial à l’ATP. C’est néanmoins beaucoup moins que ses contemporains et les grandes têtes d’affiche du tennis mondial qui l’ont précédé et ceux qui ont suivi.

Si Edberg n’affiche pas un palmarès renversant pour un joueur qui a connu le sommet absolu, son style général a grandement effacé certaines déceptions et absences du fait d’une condition physique parfois défaillante. La faute à un physique qui n’a pas toujours été à la hauteur du talent singulier du joueur. Trop de blessures ont entamé la carrière du suédois, dont un mal de dos récurrent, dû à la façon  d’exécuter son fameux service.