Robledo Brothers

Ted – Eduardo – Robledo et George – Jorge – Robledo 

1932, Monsieur et Madame Robledo accompagnés de leurs deux petits garçons quittent le Chili pour l’Angleterre. La famille espère une vie plus calme. Les soubresauts qui agitent le Chili durant cette période persuade les époux Robledo de venir s’installer en Grande Bretagne grâce à des connaissances sur place. Madame Robledo est d’origine anglaise. Après un long périple, la famille s’installe à Brampton dans le Yorkshire.

Les enfants, Jorge l’aîné et Eduardo le cadet s’intègre peu à peu à ce nouveau pays. Jorge sept ans et Eduardo trois ans adoptent rapidement l’anglais et cette culture qu’ils découvrent. Le football joue un rôle essentiel dans l’adaptation des enfants à la vie locale. Les interminables parties de football dans le village de Brampton puis les clubs de jeunes révèlent un talent chez les deux frères. 

Durant la guerre, Jorge travaille dans une mine de charbon et rejoint l’équipe junior d’Huddersfield, mais paradoxalement, il ne fait pas grosse impression lors de ses prestations. Néanmoins, en 1943, il signe pour le club de Barnsley pensionnaire en deuxième division à cette époque. N’ayant que six ans et demi à son arrivée Jorge réussie à garder et à développer le style primaire qu’il s’était forgé à Iquique sa ville natale. Son jeu fait de dribble et de passe au millimètre le positione dans le petit monde du football anglais. Entre-temps, il fait venir au club son frère Eduardo. Ce dernier joue soit demi-gauche ou arrière gauche. Bien que moins doué que Jorge, il est d’emblée adopté par les fans de Saint James Park. Jorge et Eduardo deviennent George et Ted…

 

De Barnsley à Newcastle

Trois saisons passées et une quarantaine de buts à son actif, George met le cap sur Newcastle. Le grand club du Nord-Est de l’Angleterre l’accueille les bras ouverts. Dans la transaction, Ted fait partie du deal. Il n’est pas question pour George de jouer sans son frère à ses côtés. L’aîné veille sur le cadet en vertu d’une promesse faite à ses parents.

À Saint-James Park, les Robledo font des merveilles dans cette équipe drivée par Jackie Milburn et Joe Harvey.  Ted qui est un joueur de devoir tient son rôle de défenseur à la perfection alors que George fait parler la poudre en attaque au côté de Working Joe Milburn. Durant les quatre saisons qu’il passe à Saint James Park, George inscrit 82 buts pour le bonheur des Magpies et remporte à deux reprises la FA Cup. George Robledo marque le seul but à Wembley dans la finale qui oppose Newcastle à Arsenal en 1952.

En 1953 l’opportunité de retourner au pays se fait jour pour les deux frères, car le club de Colo-Colo est en mesure de payer la somme demandée par Newcastle. Jorge bien qu’il maîtrise assez peu l’Espagnol joue pour la sélection chilienne la coupe du monde en 1950. Il marque un but lors du tournoi. Les deux frères enchantent de nouveau la foule de Santiago. C’est une sorte de revanche pour Jorge et Eduardo parti trop tôt de leur terre natale…

En fin de carrière, Jorge s’oppose à la fédération chilienne qui n’accepte pas son transfert au club d’O’higgins. Il est suspendu une saison. Cependant, il tient tête face aux instances fédérales. Il joue l’année suivante et il raccroche les crampons.

Pour une fois Eduardo ne suit pas la même route que Jorge. Il s’affranchit de son aîné et retourne en Angleterre où il évolue pour le club de Nottingham County puis il met fin à sa carrière de joueur. Jorge suit un parcours assez banal. Il devient ingénieur civil pour une compagnie minière puis il débarque à Vina del Mar la célèbre station balnéaire où le sport reprend ses droits. Il devient inspecteur local pour le compte de l’éducation nationale et la pratique du sport à l’école. Jorge décède en 1989.

Longtemps dans l’ombre de son frère aîné, Eduardo connaît une deuxième vie très mouvementée après le football. Il devient technicien puis tâte de nouveau la balle  au Salvador. En 1965, il officie en qualité d’entraîneur. Plus tard, il intègre une compagnie pétrolière en tant qu’ingénieur. Il participe à de vastes programmes de construction de plate-forme pétrolière.

 

Disparition

Eduardo disparaît en 1970 de manière très étrange en mer d’Oman. La presse  a suspecté Eduardo de faire partie du MI6. Son travail dans l’industrie pétrolière étant une couverture. Les services secrets Britanniques non jamais réellement démentis avec vigueur ces suppositions. Les témoins présents le jour de sa disparition sur le navire ne s’accordent pas. On parle d’une partie de cartes qui aurait mal tourné avec le capitaine de nationalité allemande.

C’est pour cette version que penche sa veuve. Quant au capitaine du navire, il a été relâché faute de preuves. On n’a jamais retrouvé la dépouille d’Eduardo. Après tant d’années, le mystère demeure entier. Il fallait bien qu’un jour ou l’autre Eduardo vole un peu la vedette à son grand frère…