Open d’Australie, de la difficulté au confort

Le Koojong Stadium

En tout début d’année, le Suisse Roger Federer a remporté l’Open d’Australie pour la sixième fois de carrière et a inscrit son nom pour la vingtième fois au tableau d’un grand chelem. Je ne vais pas revenir sur les dispositions de Federer, sur ses qualités de joueur et la faiblesse de ses adversaires. Par contre, on a observé à quel point les organisateurs ont pris soin de mettre le suisse dans les meilleures conditions pour parvenir en finale et gagner. Cette scénarisation de la compétition, une fois de plus qui pollue le sport professionnel depuis les années quatre-vingt-dix, se répand dans de nombreuses disciplines sportives, malheureusement.

 

Un peu d’histoire

Au jeu des comparaisons – la grande passion des internautes –, certains pensent être obligés d’opposer en permanence les résultats du Suisse et de ses contemporains avec les performances établies par des champions d’autres époques. L’Open d’Australie n’a jamais eu la cote chez les professionnels du tennis pour des raisons le plus souvent ignoré des fous de la statistique.

L’Open d’Australie s’ouvre au professionnalisme en 1968 tout comme le reste des tournois du grand chelem et des tournois de deuxième ordre. D’emblée, l’Open d’Australie est plus ou moins boycotté par les meilleurs joueurs américains et européens. Ce refus de jouer en Australie s’explique.

Le tournoi est mal situé au niveau des dates. Le tournoi se joue durant la dernière semaine de l’année et s’achève au tout début janvier.  Certains joueurs sont rebutés à l’idée de jouer durant les fêtes de fin d’années, mais cet argument mis en avance par les spécialistes du tennis n’a jamais été une raison valable pour expliquer la défection de certains champions. Des spécialistes ont évoqué l’éloignement de l’Australie. Or, la distance n’était pas un problème. Les Boeing 707, Douglas DC-8, Convair 880 et Lockheed Tristar étaient aussi rapides que les long-courriers actuels.

Les meilleurs joueurs du monde ont fait l’impasse durant presque deux décennies sur l’Open d’Australie pour de toute autre raison.

1/ L’Open d’Australie était un tournoi moins bien rétribué que les autres grands chelems.

2/ Le niveau des joueurs australiens de l’époque à pousser la plupart des joueurs européens, nord et sud-américains à éviter le tournoi.

3/ Lors de la saison 1972, le tournoi est transféré à Melbourne au Koojong Stadium antre de plusieurs succès de l’équipe nationale australienne en Coupe Davis. L’aire de jeu répond aux besoins d’un tournoi du grand chelem. Néanmoins, la chaleur suffocante, une surface de jeu – une herbe sèche faite de rebond incessant -, à l’humidité et les moustiques et l’incessant vacarme provenant d’une route adossée au central ou circule des centaines de véhicules de transports toute la journée à eu raison de beaucoup de joueurs indisposés par de telles conditions de jeu. Seuls, les australiens ayant grandi dans ce type d’environnement hostile à la pratique du tennis ne trouvaient rien à redire.

 

Rejet du Koojong Stadium

En 1974, Bjorn Borg découvre l’enfer du Koojong Stadium. Éliminé au stade des huitième de finale par l’australien Phil Dent, le suédois jure de ne plus revenir dans un tel endroit. Il ne sera pas le seul. Il faut attendre la fin des années soixante-dix pour que quelques pointures se déplacent en Australie. La chute au plus haut niveau des joueurs issue de l’école australienne contribue à faire venir des joueurs du top 10 de l’ATP.

Au tout début des années quatre-vingt, les organisateurs travaillent à améliorer les conditions de jeu tant décrié par les ténors du tennis mondial. Le gazon est de meilleure qualité, mais c’est loin d’être suffisant. C’est avec la construction d’un ensemble de courts en dur et de la Rod Laver Aréna inaugurée en 1988 que l’Open d’Australie change de peau. Depuis, le rendez-vous de Melbourne fait l’unanimité dans le monde du tennis malgré les soucis récurent dû à la chaleur, enfin pour certains.