Messi – River Plate, retour sur une polémique

Les faits

Après la finale du mondial des clubs opposant le club espagnol du FC Barcelone au club argentin de River Plate, la vedette argentine Lionel Messi a été prise à partie par une bande de supporters du club de Buenos Aires à l’aéroport Narita de Tokyo. Messi a été insulté et victime de crachats venant manifestement de barras bravas du River. Luis Enrique coach du club blaugrana et son coéquipier Luis Suarez sont intervenus pour apaiser les tensions. Javier Mascherano un ancien de River a été le sujet de multiples insultes. Rodolfo d’Onofrio, le président du Club Atletico de River Plate a condamné ses idiots qui ont agressé la star du club catalan et présenté ses excuses à Messi – Fin de l’histoire – en apparence. Cet épisode qui peut être mis sur le compte de la déception du moment des supporteurs argentins est révélateur du climat qui a régné durant cette rencontre et des rapports qu’entretient la vedette du Barca avec son pays d’origine et le football espagnol avec ses anciennes colonies.

 

Aigreur ibérique

Outre le fait que Messi soit opposé à un des clubs les plus populaires d’Argentine, un problème récurrent est venu se greffer lors de cette confrontation. Dès les années quarante, le club de River Plate rayonnait sur le monde par son jeu, ses joueurs, son stade Monumental alors que le club catalan à l’image du football espagnol se trouvait encore dans le cul-de-basse-fosse de l’histoire du football. Dès les années vingt, le football est culture en Argentine. Il n’est qu’un divertissement en Espagne, car à l’exception du club du Betis Balompié, le football ibérique applique une forme de ségrégation sociale. Le football ibérique ne s’est jamais remis de ce déficit culturel qu’il traine encore avec aigreur à l’image des médias et des élites qui dirigent le football espagnol.

Les représentants de la presse espagnole ont chargé les supporteurs du club argentin, mais les faits décrits par les médiats ibériques ont rapidement été contredits par l’ensemble des personnes présentes au moment des faits. Messi a fait l’objet d’un crachat et d’insulte venant d’une seule personne et Mascherano a été la cible d’un hinchas ulcéré par son attitude envers les milliers de fans de River qui ont enchanté les habitants de Yokohama et Tokyo durant leur séjour. Le football espagnol a grandi depuis des années, mais ses élites sont restées  à l’écart de cette progression cloisonnée dans des ressentiments et des aigreurs qui n’ont plus lieu d’être.

 

Messi et l’Argentine

Ce n’est pas la première fois que Messi est chahuté par des supporteurs argentins. Lors d’un séjour dans sa ville d’origine Rosario, un fan du club de Rosario Central lui avait administré une claque. C’est un fait Messi est loin de faire l’unanimité en Argentine. Bien de grands joueurs argentins n’ont jamais eu à se plaindre du comportement de supporters violents pour avoir joué pour un club rival. L’identification au maillot est une valeur première non négociable pour la totalité des hinchadas du pays. La pulga est étranger à tout cela. Messi n’a jamais été en mesure de régler le passif qui l’oppose à son pays d’origine. Déraciné, produit du nomadisme jet line, le lutin de Rosario à laisser derrière lui son club de Newell’s pour des centaines de milliers d’euros proposer à son père.

Après avoir ouvert le score le tout entaché par une faute de main, le joueur s’est excusé envers les supporters de River. Après la fin de la rencontre, le gentil Léo s’est rendu dans le vestiaire des Millonarios et a posé pour un selfie avec le maillot de River sur les épaules avec l’intendant du club, Pichi Quiroga. C’est une coquetterie supplémentaire de Messi pour tenter de se faire apprécier de ses compatriotes après avoir émis le souhait de finir sa carrière dans son club de Newell’s.

De par son statut, la pulga à condamner le football argentin à une double peine. Il n’a jamais été en mesure de se fondre dans une culture collective qui n’est pas la sienne. Propulser pour être le nouveau sauveur de la nation, alors que le football argentin a un besoin urgent d’une sélection construite sur le collectif et le sacrifice.

Le football argentin de par la diversité de son jeu et de ses clubs est doté d’une culture football unique au monde, il peut vivre sans l’apport de Messi, mais il reste englué depuis trop longtemps dans des affaires de corruptions au niveau de ses élites, malgré une suite de déception, Adidas va encore jouer de tout son poids pour imposer sa vedette envers et contre tout. Messi, c’est l’histoire d’un joueur qui s’est détaché de son pays d’origine préférant les promesses émises par l’ancienne autorité coloniale. Personne ne condamne Messi pour avoir choisi, mais Il serait tant pour lui d’assumer une bonne fois pour tout son acte, c’est le seul service qu’il peut rendre au football argentin tout entier.