Martin Munkácsi

Le football est un art pour beaucoup, un jeu de décérébré pour d’autres, laissons de côté ses septiques marqué sans doute par une enfance un peu trop cloisonnée et bourgeoise. Le football compte parmi ses aficionados de multiples penseurs et écrivains, d’autres artistes se sont consacrés aussi au football dont certains photographes. Martin Munkácsi, un des plus grands capteurs d’image du XX siècle.

Martin Munkácsi est originaire de Budapest, issu d’une famille juive et d’un milieu populaire, il se passionne très tôt pour la photographie. Munkácsi débute comme journaliste. Alors qu’il se trouve sur le terrain, il est témoin d’une rixe, appareil en main, il permet d’innocenter la personne accusée. Munkácsi ne se spécialise pas dans un domaine précis, ses reportages sont variés. Vers la fin des années vingt, il se rend dans les stades de football. Il s’installe à proximité des buts et exécute une série de clichés. Munkácsi aime le football, ses photographies sur les goalkeeper sont exceptionnelles, elle fixe le temps à jamais et nous donne un témoignage unique de cette époque.

Munkácsi travaille à Berlin, il réalise des séries de clichés impressionnantes. Il imprègne sur pellicule toute sorte de situations n’hésitant pas à prendre des risques pour obtenir ce qu’il désire. Un peu plus tard, il s’embarque pour l’Afrique, puis vers les États-Unis. Il se fond dans le quotidien des New-Yorkais, puis il rejoint la Californie. Sur place, il devient un des photographes les plus cotés de sa profession. Il travaille avec la totalité des plus grandes stars hollywoodienne, Munkácsi se met en quatre pour faire ressortir le meilleur des vedettes du grand écran, le travail de Munkácsi est exemplaire, mais seul  Fred Astaire le fascine. Il entame avec le roi de la comédie musicale une étroite collaboration. Malgré le climat ambiant, Munkácsi reste fidèle à ses origines, il continue à photographier les scènes les plus insolites de la vie quotidienne.

Durant les années trente, il débarque en Argentine, et profite de son passage dans la capitale argentine pour aller voir certains matches de football, ce dont il a été sevré pendant ses années aux États-Unis. De retour à New York, il poursuit son travail pour les studios et magazines, Harper’s Bazar et Life. Durant les années cinquante, il prend de la distance peu à peu. Son style et son esthétisme ne sont  plus d’actualité, il n’abandonne pas le sport, le football US l’inspire autant que le soccer, mais ce dernier reste sa passion. Retiré à New York, Martin Munkácsi vit loin des strass et paillette d’Hollywood, et ce, dans l’anonymat. En 1963, il succombe à un infarctus, alors qu’il assiste à un match de football.

La succession de Martin Munkácsi s’avère être problématique. Le photographe n’avait aucune descendance et vivait dans la solitude. Il n’avait pas réussi à faire don de tout son travail à des musées et des Universités, son œuvre, ce qui n’avait pas été détruit, s’est retrouvée éparpillée aux quatre coins du monde.