L’affaire dans l’affaire

Après trois semaines agitées, suite au déroulement du match opposant les clubs du Paris Saint-Germain et de l’olympique de Marseille dans le cadre de la deuxième journée de championnat de France, la commission de discipline de la LFP a rendu son verdict. Les joueurs impliqués dans cette histoire, Neymar et Alvaro González   ont été blanchis de toute forme d’accusation, excepté, l’attaquant parisien Angel Di Maria rattrapée par les images suite à un crachat envers le défenseur marseillais. Je ne vais pas commenter le jugement de la LFP, vu qu’il était prévisible. Ceci étant, cette affaire est révélatrice de toute une pensée qui sévit dans l’hexagone.

 

Pas concerné

Réglons d’emblée la question. Je me fou de ce que ses joueurs ont pu se lancer à la figure durant la totalité du match. Je pars du principe que ses choses, en cas de gravité, se règlent dans les vestiaires. Enfin, il y a l’arbitre du centre qui peut à tout moment sévir, s’il entend des remarques inappropriées sur le terrain entre deux joueurs. L’affaire aurait dû s’arrêter là, mais Neymar en a remis une couche suplémentaire sur les réseaux sociaux.

 

Protagonistes en or

Une fois la connaissance des faits, j’ai attendu que passe la déferlante médiatique. Je ne consulte plus aucun site d’information conscré au sport sur internet depuis la mi-décembre, excepté l’Équipe au cas où je passerais à côté d’une chose effroyable. Une rupture complète et définitive qui me fait le plus grand bien additionné au manque de temps et à l’ennui que me procure la lecture de ses sites.

Ceci étant et du fait des protagonistes de ce psychodrame, j’ai navigué sur des sites consacrés au football et ceux plus politiques dont les hebdomadaires les plus prisés (sic) du grand public et ceux des quotidiens nationaux. Ma connaissance des médias est pratique. Quand je vois la signature des articles, je n’ai même pas besoin de lire le contenu. Je sais à qui j’ai à faire et de quoi ça parle…

 

Joueur-GAFA et un sans grade

Dès le début, l’affaire a été rondement menée par l’ensemble de la presse hexagonale. Cela s’explique facilement. Les faits. Neymar, vedette brésilienne du PSG et tête de gondole de la L1 à été insulté de singe par Alvaro, défenseur espagnol de l’olympique de Marseille. Certains intervenants ont tout de même fait remarquer que Neymar n’était pas tout net dans ses accrochages, sans parler de son coéquipier, l’Argentin  Di Maria. Peu importe, pour la presque totalité des médias, la cible est Alvaro ! Espagnol et d’après certaines informations sympathisant du parti Vox en Espagne. C’est amplement suffisant pour lancer la chasse à l’homme.

 

Ignorance

Simple rappel. Vox est un parti politique, comme Podemos, qui est financé et soutenu par l’outfit de Wall Street. Il faut se lever tôt le matin pour me la faire ! J’en déduis qu’Alvaro est mal informé.

Autre rappel. L’ensemble de la presse hexagonale se singularise par sa température en matière de bolchevisme. Ainsi, l’Obs est taraudé par un bolchevisme de haute intensité, on parlera de moyenne intensité pour l’Express et de basse intensité, bien qu’étant un couvent pour Valeurs actuelles. Je sais, la mère supérieure d’Ornellas à ses fans. Pour l’ensemble de cette presse, n’importe quel fait est matière à lancer des cabales…

 

Idéologisés

Alvaro s’est retrouvé au centre d’une histoire dont il n’avait pas mesuré les conséquences. Qu’il ait insulté ou pas Neymar, ça ne change rien à l’affaire. Neymar est un joueur-GAFA, il est intouchable, là est le problème. Derrière la cabale montée contre Alvaro, il y a toute l’idéologie qui prédomine dans les médias de l’hexagone. Neymar est le symbole du métissage, du cosmopolitisme, de l’universalisme, alors qu’Alvaro est un sans-grade ibérique, un brin nationaliste, sans doute. L’affaire ne cesse d’enfler, il y a de la rage chez certains scribouilleurs de rédactions parisiennes. Se sale espagnol, un arrière rebut du franquisme, « on va se le faire« , au point ou les tchékistes du Parisien ont fait appel à d’éminents spécialistes en matière de lecture labiale, et puis…

Peu après, des accusations tombent concernant Neymar. Homophobie contre Alvaro et racisme envers le joueur japonais Sakai. Rien de nouveau, le brésilien est connu pour passer son temps à provoquer et insulter plus d’un joueur adverse en L1, en retour, tout le monde ferme sa gueule. Les scribouilleurs de la Pravda pris au piège sont forcés de ralentir. Vu les faits, ils ont perdu la partie et savent tout bonnement que les joueurs vont être blanchis au bout du compte …

 

Hiérarchisation 

Désormais, il faut baliser le terrain, ne pas perdre la face. On injecte un peu d’humour pour diluer l’affaire. Les forums sont d’excellents supports à travers les brèves… et puis un Japonais qui se fait insulter de chinois de merde, ce qui se traduit par pourriture de bridé, ce n’est pas bien grave. Exit l’émotion, la machine à trôler rentre en scène.

 

Avertissement

Avec le jugement de la LFP qui innocente l’ensemble des acteurs, la direction de l’olympique de Marseille à finement jouer le coup, c’est la fin de l’histoire ou presque, car lors de l’émission de L’Équipe du Soir du 30 septembre, deuxième partie, diffusé sur la chaîne l’Équipe 21, un tchékiste de service contraint de se contenir à tout de même rallumer la flamme. Ils sont tellement prévisibles…

Oui, il s’est peut-être passé quelque chose…je vois surtout l’agacement de la starlette brésilienne d’avoir eu un adversaire qui lui a rendu coup pour coup ses insultes au point de le rendre impuissant sur le terrain. En attendant, Alvaro à tout intérêt à se tenir à carreau, au prochain fait délictueux, la Pravda ne le ratera pas !