La garantie de Broadway Joe

 

1969, la toute puissante NFL vient de sacré son nouveau champion, les Baltimore Colts. L’équipe entraînée par Don Shula a sévèrement battu les Cleveland Browns sur le score de 34-0. Emmenés par leur quarterback, Earl Morrall qui a succédé à la super star Johnny Unitas blessée en tout début de saison, les Colts ont facilement dominé l’ensemble de leurs adversaires.

Depuis deux années, les patrons de la NFL ont accepté sous la pression amicale des diffuseurs télé que leur champion en titre soit opposé à la formation couronnée de l’ AFL, une petite ligue rivale composée d’une dizaine d’équipe créer sous l’impulsion de l’entrepreneur Lamar Hunt qui recèle dans la plupart de ses effectifs des joueurs rejetés par les équipes évoluent en NFL et non drafté. Lors des deux premières éditions, les Green Bay Packers du coach Vince Lombardi n’ont pas eu à forcer leur talent pour disposer dans l’ordre des Kansas City Chiefs puis des Oakland Raiders.

Cette troisième édition ne déroge pas à la règle, les Baltimore Colts sont ultra favori dans cette rencontre qui est affublé pour la première fois du non de Super Bowl. Les New-Yorkais se taisent et font profil bas à l’exception de leur joueur vedette, le quarterback Joe Namath. Alors que Broadway Joe prend un bain de soleil au bord de la piscine de l’hôtel qui accueille la formation new-yorkaise, Namath improvise une conférence de presse. Face aux journalistes, il s’emporte tout en gardant son sourire. Certes, son équipe est donnée perdante par tout le monde, mais Namath promet la victoire et ajoute, je vous le garantis !

Le lendemain, les déclarations de Namath font des vagues, Weeb Eubank, manager général des New Jets, est en colère après sa star, mais le personnage est connu pour ses écarts de langage. Personne ne prend trop au sérieux les paroles de « Broadway Joe ».

12 janvier 1969, 78 000 spectateurs ont pris place dans l’arène de l’Orange Bowl de Miami, il ne reste plus aucun siège de libre. On note la présence massive  d’élue et de professionnels du monde politique et d’Hollywood dans les tribunes.

Dès le début du premier quart temps, la rencontre tourne à l’avantage des Jets. L’équipe new-yorkaise hisse son niveau de jeu sur le plan physique la clé de la partie. Remonté comme des pendules et porté par leur joueur vedette, la défense des verts et blancs tient le choc face à l’attaque adverse. Au avant-poste, Joe Namath régale, il joue à merveille la montre. Les Jets alternent des jeux sur passe et course. Namath amène à deux reprises ses coéquipiers proches de l’end-zone de Baltimore. Le running Matt Snell règle la question et inscrit deux touchdowns.

C’est la consternation dans l’Orange Bowl et tout le pays, mais le frisson de voir les Jets terrassés les Colts captive l’Amérique entière. En deuxième mi-temps, les joueurs new-yorkais continuent avec minutie à appliquer la tactique imaginée par le coach Weeb Eubank. Lentement, les Colts baissent les bras. Johnny Unitas rentre sur le terrain, mais la star des Colts ne change pas la donne du match. La défense des Jets défend bec et ongle chaque yard. Le quatrième quatre-temps est une formalité, les Colts impuissants renoncent. Broadway Joe et sa bande remportent le Super Bowl…