Jim Clark 3/4

LA SAISON 1965

Lors de l’année 1965, le champion automobile écossais Jim Clark établit une saison qui serait qualifiée de nos jours d’inimaginable. Une performance venue d’ailleurs. En préambule à cette nouvelle année, Chapman et son équipe apportent de légères modifications au modèle F1 type 33. Cette monoplace dérivée de la glorieuse T25 se révèle être une bonne voiture. Néanmoins, le châssis de la 33 comporte quelques faiblesses et la concurrence à rattraper Lotus. Ferrari et BRM ont travaillé dans la même direction et alignent des monoplaces de niveau égal ou supérieur sur certains tracés. Jim Clark va rapidement faire taire ses ultimes détracteurs qui perçoivent en lui un jeune pilote qui a bien été aidé par le matériel mis à sa disposition par la firme de Cheshunt durant les années 1962 et 1963.

Championnat du monde de formule Tasmane

Avant de concourir en F1, Jim Clark s’aligne avec son écurie dans la très populaire série Tasmane. C’est un championnat de Formule monoplace qui se déroule en début de saison sur plusieurs circuits australiens et néo-Zélandais. Les groupes propulseurs des monoplaces sont modifiés. Les classiques V8 sont remplacés par des moteurs de grosses cylindrés. Graham Hill au volant de sa BRM gagne la première course sur le tracé de Pukekohe. Malgré ce premier résultat négatif, Clark prend rapidement l’ascendant sur ses rivaux. Il remporte dans un premier temps, le Grand Prix de Levin puis la course disputée sur la piste de Wrigram. Avec deux victoires, il s’installe à la tête du championnat. Sa Lotus en version australienne est loin d’être performante, mais son style coulé et naturel convient à merveille au tracé australien et néo-zélandais.

Peu après, l’Écossais volant enchaîne sur une nouvelle victoire sur le magnifique tracé de Teretonga, mais cette épreuve populaire ne compte pas pour le championnat. Jim Clark ajoute une quatrième victoire à son tableau avec la course de Warwick Farm. Lors du sixième GP, il finit deuxième derrière Jack Brabham, Clark fini avec quelques problèmes techniques et se classe cinquième dans l’ultime épreuve disputée à Longford. L’écossais remporte cette série Tasmane avec un total de quarante-cinq points au championnat.

Championnat du monde de F1

Le champion écossais réalise six pole-positions dont une à Monza malgré le manque de puissance de sa monoplace face aux  BRM piloté par Graham Hill et Jackie Stewart et au Ferrari en net regain de forme. Clark signe six records du tour et enlève un total de six Grand-Prix durant cette  saison, le tout sans  concourir à Monaco à cause des 500 miles d’Indianapolis qu’il dispute le même jour aux États-Unis. Clark et Lotus s’alignent également dans cinq Grand-Prix hors championnat. l’Écossais remporte le Grand Prix de Sicile à Syracuse et le Sunday Mirror Trophy à Goodwood, l’écossais est sacré pour la deuxième fois champion du monde de Formule 1.

Championnat d’Europe de F2

Durant cette saison Jim Clark participe à diverses courses de Formule 2. Une forte majorité de pilotes qui participent au Championnat du monde de Formule 1 s’alignent dans les multiples épreuves de Formule 2. Le modèle T35 aligné par l’équipe de Ron Harris est une monoplace de qualité moyenne boudée par les clients privés. Ses performances sont loin de valoir celle des Brabham motorisés par le constructeur japonais Honda. Les Lotus T35 disposent d’un châssis monocoque. Elles sont propulsées par un moteur Cosworth SCA et munies d’une boîte de vitesse Hewland. Les Brabham sont imbattables et remportent la presque totalité des épreuves. Face à l’armada Brabham, Jim Clark enlève cinq victoires.

L’Écossais volant s’impose à deux reprises en Grande-Bretagne dans le cadre du championnat national avec le London Trophy à Crystal Palace et le British Eagle Trophy sur le magnifique circuit de Brands Hatch. Loin d’être rassasié et motivé d’en découdre avec les Brabham-Honda, Clark inscrit également les Grands Prix de Rouen les essarts, d’Albi et l’inévitable épreuve disputés sur dans la cité de Pau à son palmarès.

 

500 miles d’Indianapolis

Au tout début des années soixante, John Cooper et son pilote fétiche Jack Brabham tente l’aventure sur le mythique ovale d’Indianapolis. La firme de Surbiton modifie une de ses F1. Brabham s’aligne et se classe neuvième handicapé par le manque de puissance de son petit moteur, mais la Cooper à démontrer tout son potentiel durant cette course face aux monstres américains. Deux ans plus tard, Colin Chapman s’invite à Indianapolis encouragé par le coureur américain Dan Gurney et le constructeur Ford.

Lotus inscrit deux monoplaces types T29, dérivés de la T25 propulsé par un V8 Ford. La première voiture affiche la livrée du team Lotus est pilotée par Jim Clark et la deuxième conduite par Dan Gurney arbore les couleurs nationales américaine, blanche et bleu marine. Clark finit deuxième de l’épreuve sous drapeau jaune. Les dix derniers tours sont neutralisés pour des raisons de sécurité suite à un accident survenu quelques tours plutôt alors que l’Écossais s’apprêtait à dévorer Parnelli Jones, leader de la course et sa Watson à moteur Offenhauser propriété du très influent JC Agajanian, un des promoteurs de la formule Indy et d’Indianapolis. Chapman se sent flouer, mais ne quitte pas Indianapolis du fait de ses relations avec Ford.

La saison suivante, Clark abandonne rapidement à cause d’une rupture de sa suspension arrière gauche suite au déchapage d’un pneu alors qu’il occupe la tête de la course. Douze mois plus tard, Chapman lance le modèle T38. Dans cette monoplace dessinée par Colin Chapman et Len Terry, Clark se sent à l’aise. Le Team Lotus aligne une seule voiture. La deuxième monoplace est confiée à Dan Gurney qui concoure pour l’écurie American Race qu’il a fondée avec Carol Shelby. L’Écossais enlève facilement la victoire malgré une concurrence qui a absorbé la technologie Lotus en matière de châssis. Couronné roi d’Indianapolis, l’Écossais signe une victoire retentissante à travers le monde.

Championnat de Grande Bretagne de voiture de tourisme

La saison précédente, Clark a brillamment remporté le championnat de voiture de tourisme de Grande-Bretagne sur une Cortina-Lotus. Cette voiture est née de la collaboration entre le géant américain Ford et la société Lotus. Walter Hayes journaliste anglais et public relation pour le compte de Ford propose à Chapman de produire un coupé de ville. Ford fournit plusieurs éléments à la firme de Cheshunt, Chapman et ses ingénieurs dessinent le train arrière de la voiture.

Les Cortina sont peintes en blanche avec une bande verte sur chaque flanc. De son côté Ford produit le modèle à cinq portes, via ses usines en Europe. La Cortina est un succès commercial et marque le début d’un long partenariat entre les deux sociétés.

Le team Lotus s’aligne de nouveau dans le championnat de voitures de tourisme de Grande-Bretagne lors de la saison 1965. Jim Clark a fort à faire vu l’opposition. Les plus fins spécialistes de cette catégorie participent à la totalité des courses. Cependant, l’Écossais enlève trois victoires durant cette saison. Clark s’amuse comme un fou aux commandes de sa Cortina. Il donne de véritables récitals à son volant pour la plus grande joie du public.

Catégorie sport

Si la décision de ne pas revenir au Mans est irrévocable suite à la disqualification de ses voitures en 1962, car non conforme au règlement, Colin Chapman entreprend la construction du modèle, la MK30. Il s’agit d’un prototype réalisé pour concourir dans Championnat du monde des voitures de sport et le championnat de Grande Bretagne d’endurance. Le résultat est saisissant, malgré ses lignes renversantes, c’est une voiture ratée. Son châssis se révèle fragile, la tenue de route est délicate, et pour finir, elle est peu fiable vu la disposition de plusieurs éléments techniques mal positionnés. Plusieurs clients qui ont acheté le modèle se plaignent envers Chapman. Elle est peu performante et dangereuse !

Le patron de Lotus excédé par ses récriminations permanentes décide d’aligner le Team Lotus dans quelques courses pour le compte du championnat de Grande-Bretagne. « Donnez la voiture à Jimmy , vous allez voir un peu. Il sera la faire marcher ! » Telle est la phrase que glisse Chapman à ses nombreux interlocuteurs.

Clark effectue des essais avec la MK30. Il n’est guère enthousiasmé à son volant. C’est une voiture rétive et difficile à maîtriser. Lors de l’épreuve du BARC qui se dispute sur le tracé de Silverstone, il produit une course dantesque sur un circuit inondé par la pluie et soumis à de fortes bourrasques. Il s’élance au milieu de la grille, il passe un par un ses principaux adversaires et remporte la course sous un déluge ininterrompu. Pour certains fans du champion écossais, il s’agit d’une de ses plus grandes victoires. Clark arrache brillamment une deuxième épreuve sur le sec à Goodwood dans le cadre de la Lavant Cup au volant de l’inconduisible MK30.