James Garner, le douzième homme des Oakland Raiders

James Garner et son ami Ken Stabler, quarterback des Oakland Raiders vainqueurs du XI Super Bowl à Pasadena…

Janvier 1977, Rose Bowl de Pasadena. Par un après-midi ensoleillé, les Oakland Raiders, champion de l’AFC défient en finale du Super Bowl, le champion de la NFC, les Minnesota Vikings.

Les Silver blacks qui jouent en blanc, maillot qu’ils portent à l’extérieur produisent un match presque parfait. Les hommes du coach John Madden maîtrisent de bout en bout la rencontre avec brio. C’est le premier sacre des Raiders au Super Bowl. Un titre qui récompense un groupe d’hommes revanchards. Parmi les joueurs et les membres du staff technique se trouve un homme qui déambule sur la touche durant toute la rencontre. Tantôt un café à la main, parfois un genou à terre à observer les jeux de ses favoris, ou bien encore disponible pour aider le staff médical quand un joueur est sonné, il assure la logistique, enfin, il est omniprésent pour donner des conseils techniques et encourager les joueurs. Cet homme est James Garner, célèbre acteur d’Hollywood, fondu de football US et fan des Oakland Raiders…

Amitié

Vers la fin des années soixante, sous les conseils d’un ami, Garner consulte un médecin au sujet d’un de ses genoux. Il se trouve que le spécialiste en question est un ami de George Blanda, quarterback, et kicker des Oakland Raiders, la petite franchise de l’AFL qui monte…

Garner est enthousiaste, car il admire Blanda. L’acteur est rapidement convié à faire connaissance avec l’effectif des Raiders. Garner découvre une franchise pas comme les autres. À Oakland, on est en guerre contre les riches de la baie de San Francisco, de la Californie et du reste de l’Amérique. On assume cette différence avec fierté, les employés du port d’Oakland constituent la fanbase des Raiders.

Garner constate que l’effectif des Raiders est rempli de joueurs limités. Un bruit court dans le monde du football professionnel  que tous les joueurs laissés libres par les franchises NFL et non drafté finissent aux Raiders. Les pires rebus du football américain dont certains ont déjà eu affaire à la justice compose en grande majorité l’effectif des Raiders. Garner se sent comme un poisson dans l’eau. L’acteur qui n’est pas là pour jouer les vedettes est rapidement adoubé par tous les joueurs, le staff technique, le propriétaire Al Davis, le coach John Rauch et les fans.

Ascension

L’incorporation de Garner dans le staff des Raiders coïncide avec l’éclosion d’Oakland au plus haut niveau. Certes, les silverblacks jouent en AFL et sont encore loin de pouvoir rivaliser avec les ogres de la NFL, néanmoins, les résultats sont là. Malgré la défaite face aux Packers lors du deuxième Super Bowl disputé en 1968, les Raiders avancent. Le coordinateur défensif John Madden qui a pris la succession de Rauch continue de faire grandir la petite franchise californienne. Garner est omniprésent, il ne rate aucun match à Oakland et accompagne l’équipe en déplacement quand son emploi du temps le lui permet. Parfois John Madden fait appel à lui pour le discours d’avant match. L’acteur sait se faire entendre.

Jeune, Garner amateur de golf et de course automobile, rêvait de faire carrière en NFL, mais une vilaine blessure à un genou mis un terme à ses rêves. Être en première ligne au sein d’une franchise, c’était une forme de revanche pour lui.

Consécration  

Après avoir pris le dessus sur les Kansas City Chiefs dans leur division, les Raiders flirtent avec le titre AFC et une place au Super Bowl. C’est chose faite en 1977 avec la victoire acquise au détriment des Minnesota Vikings, un jour béni pour Garner et la communauté des fans des Raiders…

En 81 et 84, deux autres Super Bowl garnissent les étagères des Silver blacks. Vers la fin des années quatre-vingt, Garner prend du recul avec les Raiders. Le motif est simple. L’acteur se sent moins proche des nouveaux joueurs et les membres du staff technique changent continuellement. Ce n’était plus son équipe. Sagement, il se conforme à l’idée de suivre les rencontres en tribune avec son frère Jack, acteur de série télé et les anciennes gloires des Raiders dont certains étaient des amis proches.

Les Raiders qui avaient déménagé à Los Angeles étaient désormais une franchise aux normes standard de la NFL. Garner militera comme d’autres fans pour le retour de ses favoris à Oakland, ce qui est chose faite en 1995. Garner continuera avec enthousiasme à suivre son équipe, et ce jusqu’à ses derniers jours.

Avec le recul du temps, on constate que c’est avec les retraits successifs de Garner, de certains  membres du staff technique et quelques joueurs clés que les Raiders sont rentrés dans le rang. Une seule petite participation au Super Bowl en plus de trois décennies.

On ne change pas une équipe qui gagne !