Il était une fois Tostão

1947, Eduardo Gonçalves de Andrade voit le jour à Belo-Horizonte. Enfant, il grandit dans une famille issue de la classe moyenne avec ses deux frères et comme tout jeune brésilien, il tâtonne la balle. Peu après, ses parents aménagent dans une de ces cités qui poussent comme des champignons à la périphérie des grandes villes du pays. Installé dans ce nouveau jardin, le petit Eduardo commence à montrer ses qualités d’apprenti footballeur. Petit et têtu, ses camarades de jeu le surnomment Tostão. Adolescent, le gamin intègre les équipes de jeune du club de l’America, âgé de seize ans, il se fait remarquer par les dirigeants du voisin, le Cruzeiro en plein développement.

 

Professionnel

C’est à l’âge de dix-sept ans que Tostão fait ses débuts chez les professionnels. D’emblée, le jeune garçon se trouve en phase avec ce club bien décidé à damné le pion aux grandes équipes de Rio et de São Paulo qui domine le football brésilien depuis la nuit des temps. Une situation qui lui rappelle le petit enfant têtu qui luttait balle au pied face à bien plus costaud que lui dans sa cité de Sao Cristovao. En deux saisons, il s’impose au poste d’attaquant, Mineirinho fait briller sa technique et surtout son sens du but. Il est rejoint par un autre jeune joueur du nom de Dirceu Lopes qui va devenir son éternel compère.

 

Champion du Brésil

1966, le Cruzeiro écrase le Santos de Pelé et remporte la Taça do Brazil, le titre de champion du Brésil, et Tostão confirme les espoirs mis en lui. La nouvelle vedette intègre la Seleção pour la World Cup 66 en Angleterre, mais il ne joue que face au Portugal.

Après la débâcle anglaise, la jeune étoile devient incontournable en sélection. C’est durant la campagne au Mexique que le gamin de Belo Horizonte explose à la face du monde. Au côté du roi Pelé, il forme un tandem extraordinaire qui fait désormais partie de la légende du football. Pelé et Tostão incarne ce que devrait être le football, chacun est maître de son art, de son expression, de ses envies, mais les deux attaquants comme le reste de l’équipe se fonde dans un collectif qui frise la perfection.

 

Après le sacre du mondial en terre Maya, Tostão continue sur sa lancée. Le Milan envisage la possibilité d’un transfert, mais Tostão n’est pas intéressé par l’Europe. Finalement à la surprise générale, il s’engage avec le Vasco de Gama après s’être brouillé avec le nouvel entraîneur et les dirigeants de son club qui voulaient le transférer. Il quitte le  Minas Gérais après avoir inscrit plus de deux cent cinquante buts pour les raposas.

À l’ombre du pain de sucre, il ne joue qu’une année, car resurgit un douloureux problème. Durant l’année 1969, il prend violemment le cuir dans la figure avec pour conséquence un décollement de la rétine. Après une intervention chirurgicale, il reprend le chemin des terrains, deux années plus tard, il consulte un spécialiste à Houston au Texas. Le médecin lui conseille d’abandonner le football, Tostão joue son dernier match sous les couleurs du Vasco Gama face au club argentin d’Argentinas Juniors. Il arrête sa carrière de joueur à l’âge vingt-six ans. C’est une triste décision pour le champion du monde, il met le football entre parenthèses et décide de reprendre ses études, il laisse à ses frères le soin de gérer les affaires dans lesquelles, il a investi.

 

L’après-football

Eduardo passe ses diplômes de médecine, et se spécialise dans le domaine de la douleur. Il travaille durant une vingtaine d’années en restant attachée à un hôpital de Belo Horizonte. Quelque temps avant le mondial 1994, il décide de revenir sur le devant de la scène en tant que consultant grâce à l’intervention de Milton Neves, grand chroniqueur sportif du pays. C’est une expérience agréable, ses commentaires sont très appréciés par l’ensemble des amoureux du football, cependant ce dernier se dit aussi préoccupé par le niveau du jeu au pays.

 

Esprit étatisé

Par la suite Tostão livre le fond de sa pensée sur le football brésilien. On remarque comme pour l’ensemble de ses contemporains qu’il est travaillé par la place à accorder à la génération des années quarante qui mène à la défaite de 1950. Tostão préfère minorer le rôle de ses joueurs qui ont contribué malgré Maracanaço à élever le niveau du football auriverde.

 

Le joueur

Tostão était gaucher. Son centre de gravité assez bas lui conférait une autorité technique sans faille. Il possédait  un excellent jeu de tête ainsi qu’un très bon tir à l’abord des dix-huit mètres adverses. Son sens du placement lui donnait l’occasion de marquer énormément, tels les grands fauves, il ne ratait jamais sa cible. Son déhanchement était élastique. Il donnait toujours l’impression d’un joueur détendu. Il diffusait une fausse impression de lenteur par son expression corporelle, néanmoins, il était toujours le rythme.