Il était une fois Pat Jennings

De nos jours, Pat Jennings demeure une des plus grandes légendes vivantes du football britannique. Ce natif de Newry venu au monde après la fin du deuxième conflit mondial choisit dans un premier temps la voie du football gaélique. Plus tard, il revient au football avant d’atteindre l’âge adulte. Dans les rues de sa ville natale puis en club, il trouve sa voie en jouant dans les buts. À l’âge de dix-huit ans, il débarque dans la capitale du Royaume-Uni avec un contrat en poche qui l’envoie au club de Watford qui évolue en troisième division.

Part Jennings ne sait pas encore qu’il changera à deux autres reprises de club dans le futur et qu’il a signé à vie avec la City pour le restant de sa future et très longue carrière. En 1963 il débute pour le club de Watford. Il montre rapidement l’étendue de son talent au point ou Bill Nicholson, manager des Spurs de Tottenham fait une offre que le voisin londonien ne refuse pas ainsi que  Jennings. Le jeune irlandais ne manque pas de saisir cette opportunité. Il intègre le haut niveau et joue dans une des cinq meilleures équipes du championnat.

Tottenham

Jennings possède une excellente prise de balle. Sa vision du jeu est excellente, il participe énormément au jeu de son équipe et se fond dans le rôle du gardien-libero. Tottenham joue le push and rush, un concept qui repose sur la circulation de la balle en jouent le plus souvent à terre. Sa relance très soignée au pied où a la main est précieuse pour son équipe. Il n’abuse en aucun cas des sempiternels dégagements au centre du terrain. Jennings travaille intensivement à l’entrainement ses sorties dans le pied de ses adversaires. Le « kick n’ rush » l’oblige souvent à se confronter à ce fameux duel. Gardien – attaquant. Outre ses réflexes, Jennings se fait aussi remarquer par ses envolées ou il fait preuve de grâce et de sûreté.

C’est tout naturellement qu’il intègre la sélection nord-irlandaise. Durant la saison 67, il remporte son premier grand titre avec une victoire en Cup. Trois mois plus tard, il réalise un coup incroyable lors de la traditionnelle partie qui ouvre la saison à Wembley face à Manchester United pour le compte du Charity shield. Une fois n’est pas coutume, il décide de dégager la balle le plus loin possible et là, l’incroyable se produit. Le cuir monte très haut puis rebondit et lob le goal d’United, Nigel Stepney. La qualité des ballons anglais légèrement plus légers, produisant des trajectoires flottantes y était pour beaucoup.

Avec la sélection irlandaise, il est malheureusement privé d’une participation à la Coupe du Monde. L’effectif est un peu tendre, car excepté George Best, la formation Nord-Irlandaise manque de qualité pour passer les éliminatoires. En championnat, les duels avec Manchester United sont épiques, car Jennings et Best ne cessent de se chercher, chacun essayant de prendre le dessus sur l’autre, mais à l’arrivée rien n’entame leur amitié. Après 591 rencontres toutes compétitions confondues, une Cup, deux League Cup et une Coupe de l’UEFA à son palmarès, Jennings quitte durant l’été 1977, les Spurs pour le voisin honni Arsenal.

 

Arsenal

L’offre des Gunners est acceptée par les deux parties, car le board de Tottenham pense qu’a trente-deux ans, le vaillant Irlandais est sur le déclin. Quant à Jennings, c’est une possibilité de montrer qu’il n’est pas encore fini et puis, il intègre les rangs d’une des meilleures formations du pays.  Après avoir enchanté les fans de White Hart Lane pendant une douzaine d’années, l’Irlandais fait les délices d’Highbury. Il démontre à ses détracteurs qu’il possède encore toute sa classe dans une équipe où il s’adapte assez facilement. Avec les Gunners, il remporte encore une Cup et échoue dans une finale de Coupe d’Europe face au FC Valence de Mario Kempes.

Il raccroche les crampons en 1985 avec 327 matchs au compteur pour Arsenal, puis il rejoint la réserve de Tottenham, son ancien club où il entretient sa forme en vue du mondial mexicain. Il connaît tardivement avec la sélection irlandaise le rêve de disputer une phase finale de Coupe du Monde. À l’âge de trente-sept  et quarante et un ans, il participe aux campagnes espagnoles en 82 et mexicaines en 86. Il reste encore une dizaine d’années dans son club de prédilection et s’occupe des jeunes gardiens.

Ses formidables envolées, ses fameuses parades, son professionnalisme, sa droiture et sa simplicité font désormais partie de la légende du football britannique et du jeu tout court.

Le football  vous dit mille fois merci, Mister Jennings.