Elisha Scott, gardien du temple

1913, Anfield l’enceinte du football club de Liverpool est loin d’avoir acquis le prestige qu’on lui connaît aujourd’hui. À cette époque, les Reds ne sont pas encore tout rouge. Le club fait partie de l’élite du football anglais et se maintient en première division sans faire de vagues, mais point de résultat probant. On note deux titres nationaux conquis au début du XX siècle. Cette année-là débarque du côté d’Anfield un jeune joueur nommé Elisha Scott, goalkeeper de formation. Le manager des Reds cherchait une doublure au gardien titulaire, Ken Campbell.

Scott voit le jour le en 1893 en Irlande. Il passe toute son adolescence à Belfast. Il profite des terrains vagues qui bordent les chantiers navals Harland & Wolf pour jouer  d’interminables parties de football. Vers treize ans, il intègre la formation des Belfast Boys United. Il ne reste que deux années puis bifurque vers le club de Broadway United avant d’atterrir au club de Linfield.

 

Liverpool, terre promise

Durant cette période il se met en évidence et tape dans l’œil d’un scout du Liverpool FC. Après le court voyage qui sépare les deux villes, Scott fait ses débuts en championnat face à Newcastle et réussi à garder ses cages inviolées. Scott permute avec Campbell qui demeure le titulaire, mais Elisha finit peu à peu par prendre la place de ce dernier. Entre temps, la Première Guerre mondiale interrompt son envol..

Le conflit achevé, le football reprend ses droits et Elisha ses habitudes du côté d’Anfield. Néanmoins, il préfère rentrer chez lui et signe pour le Celtic de Belfast. Deux années plus tard, Scott remet le couvercle avec Anfield. Il évolue dans une équipe plus armée pour jouer le haut de tableau.

Avec le retour d’Elisha, Anfield est en fête. Le natif de Belfast à jouer un rôle déterminant dans l’identité du club de la Mersey. La population immigrée d’origine irlandaise  supporte plus que jamais les Reds au point de constituer l’essentiel du public d’Anfield. Elisha Scott incarne cette identité.

Lors de la saison 1922, Liverpool décroche le titre de champion d’Angleterre. Scott est l’élément le plus en vue pour l’ensemble des observateurs. Il réalise des prestations de toute beauté et permet le plus souvent à son équipe de faire face quand elle se trouve en difficulté. Scott possède une détente exceptionnelle. Il est pourvu d’étonnants réflexes qui en font le meilleur keeper du Royaume Uni. Avec ses coéquipiers, « Lisha »  remporte de nouveau le championnat et produit une saison de grande qualité. Malgré ses deux couronnes de champion, le board ne capitalise pas sur ses titres. Certains joueurs quittent Anfield. Elisha demeure la seule grande vedette du club de la Mersey.

Jour de derby. Dixie Dean et Elisha Scott, côte à côte

Scott est impuissant au rapide déclin qui frappe son équipe. Les Reds s’installent dans le ventre mou du championnat. Le derby contre Everton déclenche toute les passions, car Dixie Dean le buteur vedette des Toffees et de la sélection anglaise entretien une relation amicale avec Elisha. Entre les deux amis, les paris d’avant match vont bon train. Même si les Reds ne concours pas pour le titre, le Kop continue d’encourager son équipe et Elisha son chouchou plus qu’un autre.

1934, âgé de quarante ans, Scott quitte définitivement Anfield pour rentrer chez lui. Sa doublure, le jeune Arthur Riley à finit par lui prendre sa place de titulaire.

Scott s’engage avec le Celtic de Belfast. Le grand Elisha entame alors une carrière de manager qui s’avère prolifique. Aux commandes du Celtic, il rafle plusieurs titres de champion, mais son club finit par être dissous par les autorités locales suite à un match face à Linfield ponctué par de grande violence. Les nationalistes irlandais soutient du Celtic, l’occasion était trop belle pour le pouvoir d’en finir avec cet étendard du catholicisme.

Retraité, Elisha Scott fini par revenir du côté d’Anfield, des années plus tard. Il est touché par l’étendue de sa popularité rester intacte et n’oublie pas de faire un crochet dans un pub de la ville pour saluer le propriétaire, un certain Dixie Dean…