American tabloïd, Joe DiMaggio

C’est un jour de novembre de 1914 que Giuseppe DiMaggio voit le jour dans la petite localité de Martinez proche de San Francisco. Ses parents sont des immigrés venus d’Italie pour s’installer sur la côte est. Déçus par leur nouvelle condition de vie, ils décident de mettre le cap à l’ouest après un séjour à Pittsburgh. Enfant, Joe commence à manier la batte avec ses frères et ses camarades de classe. Comme tous les gosses de son âge, le petit Joe aime jouer au baseball au point ou cela devient plutôt sérieux. Avec ses frères, il intègre des équipes de jeune et dispute les compétitions locales.

 

Début en PCL

En 1931, à l’âge de dix-sept ans, il est repéré par des scouts de la franchise des San Francisco Seals, il signe pour Seals qui évolue en PCL,, la ligue de base-ball de la côte ouest. Celle-ci est une sorte d’antichambre de la Major League qui à l’époque possède l’ensemble de ses équipes concentré dans la partie du nord-est du pays.

Juste avant l’avènement de DiMaggio au sein des Seals, deux joueurs vedettes du Seals Park, Lefty Gomez et Franck Crosetti  signent pour les New York Yankees. Joe rêve de suivre le même chemin. Il réalise un coup sûr au bâton durant 61 rencontres d’affilée. Lors de l’année 1935, les New York Yankees lui propose un contrat qu’il s’empresse de parapher.

 

La consécration au New York Yankees

L’année suivante, DiMaggio rejoint ses amis Lefty Gomez et Frank Crosetti devenus des valeurs sur des Yankees. Pour le jeune DiMaggio, le rêve américain est une réalité. Ses frères Dom et Vince moins doués que Joe suivent la même filière en débutant pour les San Francisco Seals et intègrent les rangs de la Major League. Vince à la bougeotte. Il joue tour à tour pour les formations des Boston Braves, Pittsburgh Pirates, Philadelphia Phillies et pour les New York Giants durant une dizaine de saison. Quant à Domi, il passe treize années au Boston Red-Sox puis met un terme à sa carrière en Major League.

 

Un titan fragile

Joe DiMaggio n’était pas un joueur stylé comme certains batteurs, mais ses frappes n’en restaient pas moins redoutables. C’est en cognant la balle que DiMaggio laissait transparaître son physique ambigu. Le Californien tapait la balle en faisant une sorte de grand écart. Sa jambe gauche se pliait littéralement ce qui lui conférait un appui maximal suivi d’une frappe sec, le tout exécuté dans la douleur. DiMaggio projetait l’image d’un joueur souffreteux. Chaque coup joué était suivi d’un regard un brin hagard qui laissait apparaître une grande fatigue. Comme si le petit fils d’immigré venu d’Italie jouait sa survie dans le monde impitoyable du baseball professionnel.

Grand de taille, pourvue d’épaule bien carrée, DiMaggio dénotait avec ce physique apparemment solide. Durant ses seize années de présence aux seins des New York Yankees et de la Major League, il connaît de multiples blessures qui le tiennent éloigné des terrains. Cette fragilité sur le plan physique joue un rôle déterminant dans son retrait assez rapide des terrains de baseball. En 1951 à l’âge canonique de trente-six ans, le champion se retire des grounds écourtant ainsi sa carrière de plusieurs années. Il devient cadre au sein des Yankees.

 

DiMaggio et le mirage hollywoodien

Durant sa dernière saison, DiMaggio se met à courir derrière un autre aspect du rêve américain. C’est dans un restaurant new-yorkais que DiMaggio fait la connaissance de Marilyn Monroe. Cette jeune Fox girl ne connaît pas DiMaggio de réputation, elle se déplace pour le voir jouer au Yankee Stadium. C’est un détail important, car si Di Maggio est une star Marilyn Monroe, aspire encore à le devenir.

Durant cette période commence une romance entre le joueur et l’actrice. Entre temps, Marilyn Monroe tourne deux films clés dans sa carrière, Niagara et les hommes préfèrent les blondes qui font d’elle une nouvelle star d’Hollywood, faisant mentir Darryl F Zanuck, le grand nabab de la Fox qui voyait en elle une actrice mineure.

Joe DiMaggio épouse Marilyn Monroe à San Francisco en janvier 1954, mais celui-ci semble préoccuper par le succès de sa femme, il laisse faire jusqu’au jour où tout explose entre les deux lors du tournage de la fameuse scène du métro dans « Sept ans de réflexion ». Le couple divorce tout en restant lié. DiMaggio ne connaissait pas la face cachée du rêve américain. Il en ressort profondément amer.

La fusée Marilyn décolle, en cinq années elle aligne succès sur succès. À cette époque elle intègre le Rat pack une bande d’acteurs et chanteurs qui forme un club. La carrière de la blonde la plus en vue d’Hollywood décline assez rapidement. La star possède des addictions à de tas de choses dont le « show-biz ». C’est une triste époque pour Marilyn qui finalement appelle à l’aide DiMaggio qui la sort d’un hôpital psychiatrique et l’amène avec lui en Floride ou il supervise l’entraînement des Yankees avant le début de saison. Un peu plus tard, elle rentre à Hollywood contre son avis. De retour au Rat pack entre drogue, alcool et de très mauvaises rencontres, elle met fins à ses jours sans que DiMaggio puisse faire quoi que ce soit. La théorie de l’assassinat à toujours été mis en avant par la presse pour dissimuler le dernier weekend sordide de la star passé au Lac Tahoe.

Toujours aussi cynique, la bande à Sinatra met sur pied un plan qui prévoit un hommage national pour la star avec le Tout-Hollywood. Étant mis au courant de l’histoire DiMaggio rentre en scène. Il s’occupe lui-même des obsèques avec quelques amis. Sinatra et sa clique se retirent. On ne s’oppose pas dans de telles circonstances et publiquement à DiMaggio. Les autres sont de grandes vedettes du Music-hall, mais l’ex-numéro cinq des Yankees demeure un personnage hyper populaire. Une icône de la middle class.

Par la suite « Joltin Joe » reste dans le milieu du baseball puis fini par se retirer de la vie publique. Vers la fin de sa vie, il ne fait que de rares apparitions en public. DiMaggio fut et reste un personnage emblématique des États-Unis du vingtième siècle à travers sa carrière de joueur et sa romance avec la star la plus célèbre d’Hollywood. DiMaggio aura connu les deux faces de l’Amérique. Le rêve et son cauchemar.