1935, Angleterre-Allemagne

En ce 4 décembre 1935, les abords du stade de White Hart Lane, tanière du club londonien des Spurs de Tottenham est prise d’assaut par les amateurs de ballon rond ainsi que par des élues et plusieurs diplomates en poste dans la capitale. L’équipe nationale reçoit l’Allemagne dans le cadre d’une rencontre amicale. Depuis l’annonce de cette partie, la tension est lentement montée dû au contexte politique de l’époque. Les Anglais en tout premier sont impatients de voir à l’œuvre leurs boys face à cette nouvelle Allemagne.

White hart Lane n’est pas choisi au hasard par les responsables de la fédération Anglaise. Au début du siècle sur ce terrain la formation aux trois lions avait battu l’Allemagne sur le score de douze à zéro. Le squad anglais n’utilise que très rarement le stade de Wembley et joue pour la plupart du temps ses rencontres dans la grande bassine de Stamford Bridge, l’arène du FC Chelsea et ses 80 000 places. Les autorités allemandes ne sont pas dupes et peuvent constater à quel point le voisin britannique a toujours le sens de l’humour…

L’Angleterre présente son équipe type qui repose sur un noyau de joueurs issus d’Arsenal. Le club londonien le plus souvent aux avant-postes du championnat anglais à cette époque se taille la part du lion avec la présence de quatre joueurs titulaire dans le onze de base. Dans le camp adverse, c’est une formation légèrement différente qu’aligne le sélectionneur de la mannschaft, Otto Nerz.

On note l’absence d’Ernst Kuzora et d’Herbert Burdenski les milieux de terrain du club de Schalke 04. Bien que l’équipe de Gelsenkirchen domine de la tête et des épaules le football allemand, seul son capitaine Franz Szepan participe aux débats. Schalke 04 évolue à cette époque dans un registre supérieur au reste des clubs allemands. La formation rhénane produit un jeu axé sur la monopolisation de la balle fait de passes courtes et rapides. Une animation du jeu que l’on trouve dans la plupart des pays de l’Est. Le club de Gelsenkirchen met au point ce qui devient avec le temps le « Schalker Kreisel », l’ADN du jeu allemand à terme. 

Le club de la Ruhr aligne beaucoup de joueurs issus d’une immigration venus d’Europe centrale. Czerwinski, Przytula, Szepan, Kuzora, Tibulski et Burdenski. C’est pour cette raison que la mannschaft ne s’appuyait pas à cette époque sur une ossature qui reposait en totalité sur le club de Gelsenkirchen, le régime nazi voyait d’un mauvais œil l’équipe nationale représenter par des joueurs d’origine non germaniques, Szepan Kuzora et Tibulski porteront le maillot de la sélection à plusieurs reprises..

Plus tard, ses mêmes joueurs seront mis à l’index comme d’autres sportifs pour ne pas avoir été plus virulents envers le pouvoir au point de se compromettre comme Szepan, accusé après la guerre d’avoir repris à bas prix, une société qui appartenait à une famille juive.

 

 

La bataille de White Hart Lane

Après les hymnes le match s’engage. Chaque équipe évolue tactiquement dans le registre du WM. La rencontre est décevante les Anglais prudents se contente de tirer de loin quant aux Allemands, il préfère rester recroquevillé autour de leur capitaine Fritz Szepan. C’est finalement l’attaquant de Middlesbrough George Camsell qui ouvre le score suite à une passe en profondeur de John Bray profitant d’un mauvais placement de la défense germanique.

Au retour des vestiaires les Allemands s’extraient de leur torpeur. Leur capitaine et meneur de jeu Fritz Szepan sort le grand jeu et par son style oriente son équipe comme il le fait avec son club, la mannschaft met le pied sur le cuir et se procure plusieurs occasions de but qui n’aboutissent pas. C’est sur une contre-attaque que l’Angleterre double la mise Cliff Bastin le buteur des Gunners centre pour George Camsell qui inscrit son deuxième but personnel en déviant le ballon dans le but de Hans Jakob.

Assommé les Allemands se désunissent et deux minutes plus tard les Britanniques scores une troisième fois par l’intermédiaire de Bastin servi par Camsell qui s’en va battre le malheureux Jakob à la satisfaction des supporters anglais et au grand désarroi de plus de six mille fans allemands qui avaient fait le déplacement…

Le lendemain les tabloïds londoniens ne sont pas dithyrambiques malgré la victoire. La “ Three lions” n’a pas vraiment convaincu et l’équipe allemande à développer en deuxième mi-temps un jeu fait d’intensité physique et de passe courte et rapide qui a mis à mal le onze de Sa Majesté, mais sur le niveau de la mannschaft certains spécialistes avaient insisté sur le fait que le onze Allemand donnaient l’image d’une formation pas assez concentrer sur son sujet et dont quelques éléments n’avaient pas tout à fait la pointure internationale.

 

Fiche technique

Équipes d’Angleterre.

Harry Hibbs Birmingham City / Eddie Hapgood Arsenal / Charles Male Arsenal / John Crayston Arsenal / John Baker Derby County / John Bray Manchester City / Stanley Matthews Stoke / Horatio Carter Sunderland / George Camsell Middlesbrough / Cliff Bastin Arsenal / William Westwood Bolton.

Équipe d’Allemagne.

Hans Jakob SSV Jahn Regensburg / Sigmund Haringer TSV Munich 1860 / Reinold Munzenberg TSV Aachen / Paul Janes-Fortuna Dusseldorf / Ludwig Goldbrunner Bayern Munich / Rudolf Gramlich Eintract Francfort / Ernst Lehner SSV Schawben / Fritz Szepan Schalke 04 / Kark Holmman VFL Beurath Dusseldorf / Josef Rassenlnberg VFL Beurath Dusseldorf / Josef Fath VFR Worms.